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Stress Chronique et activité physique

Qu’est-ce que le stress chronique?

Le stress est caractérisé par un état de préparation observé aux niveaux physiologique, psychologique et comportemental. Le stress peut être considéré comme l’alarme du corps et constitue une réaction de survie (1). En effet, afin de pouvoir faire face aux menaces potentielles, le corps libère des hormones qui aident à mobiliser l'énergie et entre en état de stress (1). Les réactions varient selon les individus mais les principaux symptômes impliquent une réponse physiologique (augmentation du rythme cardiaque, hyperventilation ou hypertension artérielle), une réponse cognitive (diminution de l'attention ou de la perception, oubli), une réponse émotionnelle (irritation, nervosité) et des réactions comportementales (agressivité, impulsivité, erreurs) (2,3). Lorsque le stress est évacué, l'équilibre est rétabli et le corps revient à l'état de repos. On parle de stress chronique lorsque les symptômes décrits précédemment deviennent un problème permanent, le corps est constamment dans un état de stress et ne parvient plus à restaurer l'état de repos. Le stress chronique se développe non seulement lorsque les facteurs de stress sont ignorés ou mal gérés, mais aussi lorsqu'un événement traumatique survient (4).

Quels sont les effets de l’activité physique sur le stress chronique?

L'activité physique est connue pour avoir un effet positif sur les réponses physiologiques, cognitives et émotionnelles induites par le stress chronique et peut donc prévenir, traiter ou aider à la prise en charge des maladies liées au stress telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète ou la dépression (anhédonie, culpabilité, instabilité émotionnelle, isolement, pessimisme) (1,3). En effet, l'activité physique régulière peut limiter l'augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle lors d'événements stressants en abaissant leurs seuils à l'état de repos. Par conséquent, elle contribue à réduire les effets généraux du stress sur le corps (1). De plus, l'activité aérobie et la musculation améliorent l'attention sélective et augmentent la capacité du cerveau à résoudre les conflits, fonctions qui sont souvent mis à mal en cas d’évènements stressants (9). L'activité physique a également un effet positif sur l'humeur et augmente la positivité et le bien-être psychologique (5,6). Ces effets peuvent être maintenu au fil du temps et être bénéfique dans des situations stressantes. D’autre part, le fait de se fixer des objectifs réalistes et d’avoir de véritable sources de motivation peut influer positivement le bien-être et la santé subjective, peu importe le type d'exercice, sa durée ou son intensité (1,7,8).

Quels sont les risques ?

S'engager dans l'activité physique va de pair avec un risque potentiel de blessure musculo-squelettique. De plus, l'activité physique perçue comme une contrainte ne produirait pas les effets attendus sur le bien-être, en particulier chez les patients souffrant de stress chronique. En effet, l’exercice peut être source de stress si l’entrainement est perçu négativement, par exemple lorsque les entraîneurs ou les membres de la famille exercent une pression inutile sur le participant (1). Le sport devient ainsi lui-même facteur de stress.



 Recommandations

Les recommandations générales sur l'activité physique s'appliquent également aux patients souffrant de stress chronique. Ainsi, ils devraient réduire le temps passé dans des activités sédentaires et de pratiquer des exercices aérobies plaisants pendant 150 minutes par semaine, sans laisser plus de 2 jours consécutifs sans activité. De meilleurs résultats sont obtenus si l'exercice aérobie est combiné avec 2 séances de musculation et une séance d'exercices d'équilibre par semaine (10). Plus précisément, il est recommandé de pratiquer 30-60 min d'exercice aérobie d'intensité modérée, 5 jours par semaine ou 20-60 minutes d'exercice vigoureux 3-5 jours par semaine, ou une combinaison d'exercices modérés et vigoureux. En ce qui concerne la musculation, chaque groupe musculaire majeur devrait être sollicité 2-3 jours par semaine avec 2-4 séries de 8-12 répétitions par session (avec 48h de repos entre les sessions) à intensité modérée ou élevée (10). Enfin, l'activité physique doit rester adaptée à chaque personne et source de plaisir.

Références

  1. Professional Associations for Physical Activity (Suède), Swedish National Insitute of Public Health. Physical activity in the prevention and treatment of disease [Internet]. Stockholm: Professional Associations for Physical Activity; 2010. Disponible sur: https://www.folkhalsomyndigheten.se/contentassets/5de033c2c75a494a99cbba2407594c22/physical-activity-prevention-treatment-disease-webb.pdf.
  2. Houtman I. Work-related stress [Internet]. Eurofound; 2012 [cité 1 févr 2018]. Disponible sur: : https://www.eurofound.europa.eu/publications/2010/work-related-stress-report.
  3. Stults-Kolehmainen MA, Sinha R. The Effects of Stress on Physical Activity and Exercise. Sports Med [Internet]. janv 2014 [cité 1 févr 2018];44(1):81‑121. Disponible sur: http://link.springer.com/10.1007/s40279-013-0090-5.
  4. American Psychological Association. Understanding chronic stress [Internet]. APA. [cité 1 févr 2018]. Disponible sur: http://www.apa.org/helpcenter/understanding-chronic-stress.aspx.
  5. Rebar AL, Stanton R, Geard D, Short C, Duncan MJ, Vandelanotte C. A meta-meta-analysis of the effect of physical activity on depression and anxiety in non-clinical adult populations. Health Psychol Rev [Internet]. 7 août 2015 [cité 8 févr 2018];9(3):366‑78. Disponible sur: http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/17437199.2015.1022901.
  6. Stubbs B, Vancampfort D, Rosenbaum S, Firth J, Cosco T, Veronese N, et al. An examination of the anxiolytic effects of exercise for people with anxiety and stress-related disorders: A meta-analysis. Psychiatry Res [Internet]. mars 2017 [cité 8 févr 2018];249:102‑8. Disponible sur: http://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S016517811630909X.
  7. Stewart KJ, Turner KL, Bacher AC, DeRegis JR, Sung J, Tayback M, et al. Are fitness, activity, and fatness associated with health-related quality of life and mood in older persons? J Cardpulm Rehabil [Internet]. avr 2003;23(2):115‑21. Disponible sur: https://insights.ovid.com/pubmed?pmid=12668934.
  8. Shephard RJ. Physical activity and the healthy mind. Can Med Assoc J [Internet]. 1 mars 1983;128(5):525‑30. Disponible sur: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1874986/.
  9. Voss MW, Nagamatsu LS, Liu-Ambrose T, Kramer AF. Exercise, brain, and cognition across the life span. J Appl Physiol [Internet]. nov 2011 [cité 1 févr 2018];111(5):1505‑13. Disponible sur: http://www.physiology.org/doi/10.1152/japplphysiol.00210.2011.
  10. Garber CE, Blissmer B, Deschenes MR, Franklin BA, Lamonte MJ, Lee I-M, et al. Quantity and Quality of Exercise for Developing and Maintaining Cardiorespiratory, Musculoskeletal, and Neuromotor Fitness in Apparently Healthy Adults: Guidance for Prescribing Exercise. Med Sci Sports Exerc [Internet]. juill 2011 [cité 1 févr 2018];43(7):1334‑59. Disponible sur: http://content.wkhealth.com/linkback/openurl?sid=WKPTLP:landingpage&an=00005768-201107000-00026.

Auteurs & experts

Auteurs : Julia Ledien1, Alexis Lion2, 3, Simon Rosenbaum4, 5.
Experts : Laurent Le Saint6, Lidwine Wouters6.

1 Luxembourg Institute of Health, Epidemiology and Public Health Research Unit, L-1445 Strassen, Luxembourg
2 Luxembourg Institute of Health, Sports Medicine Research Laboratory, L-1460 Luxemburg, Luxembourg
3 Fédération Luxembourgeoise des Associations de Sport de Santé
4 School of Psychiatry, University of New South Wales, Sydney, New South Wales, Australie
5 Black Dog Institute, Sydney, Australie
6 Centre Hospitalier de Luxembourg, Psychiatrie - Clinique des Troubles Emotionnels, L-1210 Luxemburg, Luxembourg
 

Année de publication

2018
 

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