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Accident Vasculaire Cérébral et activité physique

Qu’est-ce qu’un accident vasculaire cérébral ?

L'accident vasculaire cérébral est une maladie d'origine vasculaire qui se caractérise par le développement rapide des symptômes (paralysie du visage, diminution de la force d’un bras, difficultés d’élocution) durant plus de 24 heures ou qui peuvent conduire à la mort. Les trois principales causes d'un AVC sont 1) l’infarctus cérébral (la grande majorité des cas), 2) l’hémorragie cérébrale et 3) l’hémorragie méningée résultant d'une rupture anévrisme artériel. Les facteurs de risque potentiellement modifiables comprennent certaines maladies (par exemple : hypertension artérielle, maladies cardiaques, diabète de type 2, hyperlipidémie et sténose carotidienne) et les facteurs de style de vie (par exemple : tabagisme, activité physique, consommation d'alcool et obésité). Il y a des preuves que les personnes physiquement actives ont de 20 à 30 % moins de risque de subir un AVC [1].

Quels sont les effets de l’activité physique après un AVC ?

L’entrainement de la capacité aérobie après un AVC permet d'améliorer la marche et l'endurance physique, de diminuer la fréquence cardiaque inférieure, l'amélioration de la perception de soi et du bien-être en général [2]. Elle peut prévenir les chutes, maintenir la densité osseuse et permet aux patients de mener des activités de la vie quotidienne avec plus de facilité [3, 4]. Quand les entraînements de force et d’aérobie sont combinées, on observe une amélioration significative de la consommation maximale d'oxygène, une augmentation de la force musculaire et une perte de poids [4]. L'activité physique après un AVC peut également avoir des effets bénéfiques sur la dépression et la cognition en général [5-7]. Les étirements et les exercices de flexibilité peuvent aider à maintenir la mobilité articulaire, tandis que les exercices d’équilibre et de proprioception peuvent aider à prévenir les chutes [1].

Quels sont les risques ?

Le degré du déficit détermine quelles activités sont possibles. Les effets de l'activité physique dépendent des comorbidités comme le diabète, l'hypertension ou les maladies cardiovasculaires. Les victimes d'AVC sont 2-4 fois plus susceptibles de tomber ou d’avoir des fractures de la hanche dues à une déficience de la fonction motrice et des troubles de l'équilibre [7]. Comme pour la population générale, le principal risque de blessure des victimes d'AVC qui pratiquent de l’activité physique sont les blessures musculo-squelettiques [8]. Les patients doivent donc commencer lentement, en augmentant progressivement la durée et l'intensité de l'exercice. Les patients atteints de maladie cardiaque grave doivent contacter leur médecin avant de commencer un exercice physique vigoureux ou de longue durée.



 Recommandations

Les patients sont encouragés à commencer au plus tôt les activités quotidiennes qu'ils aiment, comme la marche à l'extérieur ou sur tapis roulant, la danse, le jardinage, le vélo d’intérieur, les exercices de groupe, ou l’aquagym. L'intensité doit être adaptée au patient : par exemple, 10 minutes d'exercice de type aérobie à des niveaux sous-maximaux (65-70% de la fréquence cardiaque maximale) 2 ou 3 jours par semaine et progresser vers 20-60 minutes pour 3 jours ou plus par semaine. Le patient est à la bonne intensité s’il est légèrement essoufflé et peut encore tenir une conversation. L'entraînement de musculation devrait consister en une augmentation progressive des répétitions de poids maximal qui peut être soulevé. Il devrait être composé de 10 à 15 répétitions pour chaque série d'exercices, avec un minimum de 1 bloc de 8 à 10 exercices différents qui impliquent les principaux groupes musculaires et les membres supérieurs et inférieurs. Les exercices de souplesse et d'équilibre sont fortement recommandés pour augmenter l'amplitude des mouvements et la coordination neuromusculaire. Les patients doivent informer leur médecin avant de commencer un programme d'exercice [9].

Références

  1. Billinger SA, Arena R, Bernhardt J, et al. Physical activity and exercise recommendations for stroke survivors: a statement for healthcare professionals from the American Heart Association/American Stroke Association. Stroke 2014;45(8):2532-53. Available at: http://dx.doi.org/10.1161/str.0000000000000022.
  2. Saunders DH, Greig CA, Young A, Mead GE. Physical fitness training for stroke patients. Cochrane Database Syst Rev 2004. (1):Cd003316. Available at: http://dx.doi.org/10.1002/14651858.CD003316.pub2.
  3. Brazzelli M, Saunders DH, Greig CA, Mead GE. Physical fitness training for stroke patients. Cochrane Database Syst Rev 2011. (11):Cd003316. Available at: http://dx.doi.org/10.1002/14651858.CD003316.pub4.
  4. Rimmer JH, Riley B, Creviston T, Nicola T. Exercise training in a predominantly African-American group of stroke survivors. Med Sci Sports Exerc 2000;32(12):1990-6.
  5. Cumming TB, Tyedin K, Churilov L, Morris ME, Bernhardt J. The effect of physical activity on cognitive function after stroke: a systematic review. Int Psychogeriatr 2012;24(4):557-67. Available at: http://dx.doi.org/10.1017/s1041610211001980.
  6. Marzolini S, Oh P, Mcilroy W, Brooks D. The effects of an aerobic and resistance exercise training program on cognition following stroke. Neurorehabil Neural Repair 2013;27(5):392-402. Available at: http://dx.doi.org/10.1177/1545968312465192.
  7. Ramnemark A, Nyberg L, Lorentzon R, Olsson T, Gustafson Y. Hemiosteoporosis after severe stroke, independent of changes in body composition and weight. Stroke 1999;30(4):755-60.
  8. Adams RJ, Chimowitz MI, Alpert JS, et al. Coronary risk evaluation in patients with transient ischemic attack and ischemic stroke: a scientific statement for healthcare professionals from the Stroke Council and the Council on Clinical Cardiology of the American Heart Association/American Stroke Association. Circulation 2003;108(10):1278-90. Available at: http://dx.doi.org/10.1161/01.cir.0000090444.87006.cf.
  9. Grimby G, Willen C, Engardt M, Stibrant Sunnerhagen K. Stroke, in Physical activity in the prevention and treatment of disease, Professional associations for physical activity (Sweden), Editor. 2010, Swedish National Institute of Public Health: Stockholm. 611-621.

Auteurs & expert

Auteurs : Jane S. Thornton1, Alexis Lion2.
Expert : Dirk Droste3.

1 Centre Hospitalier Universitaire Vaudois, Policlinique Médicale Universitaire, CH-1011 Lausanne, Switzerland
2 Luxembourg Institute of Health, Sports Medicine Research Laboratory, L-1460 Luxembourg, Luxembourg
3 Centre Hospitalier de Luxembourg, Service de neurologie, L-1210 Luxembourg, Luxembourg
 

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